Demenzia Mortis est un groupe de black/death de la région montoise, il est composé du batteur AxHell, Asmodeus à la basse, Grabak Hellfire à la gratte, et Naberus au chant.

Le quatuor entre en studio entre 2019 et 2020 pour l’enregistrement de leur album complet : AntiKult, sorti le 19 Mars 2021.

L’intro ‘Dies Irae‘, annonce la couleur dès l’entrée dans l’album.
Il n’y a pas d’hésitation, nous sommes en face de symboles sonores religieux de toutes les facettes. cloches, chant, voix, un véritable pêle-mêle qui ne dure qu’un certain temps, jusqu’à ce qu’on y perçoive plus qu’une cacophonie bruyante temporaire.

Des coup de mitraillettes se font retentir et annonce l’entrée de ‘Codex 666‘.
Le tempo est rapide, saccadé, les mélodies répétitives, obsédantes. Le chant est énervé, on ne peut saisir les mots, ce sont des bruits animales, gutturaux et déchainés.

Un arpège de guitare nous soulage de cette entrée cataclysmique, la voix est saccadée par syllabe.
Une insistance sur chaque vocalise est perceptible entrecoupée d’arpèges. Puis, un abattement sonore se produit, ravageant tout sur son passage. Les instruments nous frappent en pleine face, un véritable défouloir d’émotions les plus instinctives.

L’enchainement de cette batterie qui frappe à chaque temps nous rappelle les roulements de tambours avant une attaque de guerrier. Car il s’agit bien de cela, l’annonce d’une guerre.
Ce triste paysage.” titre du morceau, ce sont les mots que l’on entend autour de ces kicks qui battent sans las le temps, l’univers.

Sur de lentes mélodies entrecoupées de rapides successions de notes, la guitare bascule avec fermeté d’un mouvement à l’autre. De gros riffs nous entrainent enfin vers un milieu quasi épique. On perçoit alors, brièvement, des chœurs dans une ambiance martiale qui se laissent enfin remplacés par ces bruits de grattes imposantes.

Demenzia Mortis devient glaçant dans son bruit, les caisses clairs frappent et s’annoncent comme une épée de Damoclès sur nos têtes. Qu’est ce qui se passerait si on ne les écoutait pas ? Mais ce qui se passe est encore pire si on les écoute.

Le son fait sa transition et on assiste à de gros accords médiums de guitare.
Les notes saccadées entrecoupées de notes un peu plus longues nous rappellent à ce stress que le malheur assailli de durée variable.

Puis, on se rapproche d’une certaine vision du black metal, un black plus fort, plus intense, plus lent.
Ici les accords sont insistants. la voix est hurlée.

Cela dure un moment, avant de tomber dans un “saccage” sonore inouï, mais ce n’est pas Demenzia Mortis qui a commencé ce “saccage”. Nous le savons, l’intro débute par des sons religieux, et cela en dit long sur ce que le groupe veut nous montrer. La religion est la faille de l’homme.

Puis, sur ‘My Blood Runs Black‘, une voix féminine se fait entendre, elle est mélancolique, aérienne. En voix de tête, elle recouvre le tumulte infernal, si ce n’est qu’elle l’accentue. Les instruments qu’on entendait calmés reprennent de plus belle.

La suite retrouve sa plus admirable forme avec une batterie toujours aussi chaotique, des notes de guitare qui s’enchainent.

Le groupe continu sur de longs riffs et growls, entrecoupés de saccages rythmiques et nerveux.
Puis, clôture ainsi son album avec 4 accords en sweeping de guitare classique.

Pour le son, pour l’émotion, écoutez-le !

Tracklist :

01. Dies Irae (Intro)
02. Codex 666
03. Anti Kult
04. Triste Paysage
05. Dark Resolution (Legion’s March)
06. Exultation of Pain
07. Be Your Slave & Be Your Master
08. Above and Beyond
09. Tranquility & Silence
10. My Blood Runs Black (feat. Anouk de BleedSkin et Chloé S.) – bonus track

 

DEMENZIA MORTIS / ANTI KULT