A la découverte de l’album : Another world, sorti le 29 octobre 2021. NOBODY nous promet un monde folklorique teinté de jazz et de sonorité de musique du monde.

Premier titre Three Little Witches

Ce premier morceau a une allure moyenâgeuse, le chant rappelle un peu celui du troubadour qui accompagne les victoires de leurs héros. Un ton ironique se ressent lorsqu’il chante.
Le folklore tend à nous endormir pour mieux nous piéger dans la dérision sous les sonorités d’arpèges d’une petite guitare acoustique. Tout ça enrobe une gentille satire moderne de la comptine anglaise : Les trois petites sorcières.

Avec la seconde Sugar Daddy et la troisième Countdown, on enchaine avec une ambiance de fin de soirée.
Intimiste, à la limite du jazzy. Un solo d’harmonica nous surprend et on se rend compte que sa voix grave est plus mélodieuse que son ton naturel. Countdown relance avec une intro au piano. L’ambiance du crooner n’est pas loin, ça en serait presque plaintif s’il n’y avait pas le quatrième titre The Letter pour nous réveiller avec un son ressuscité d’un vieux rock seventies.
La guitare est enjouée, on remonte dans le temps, la nostalgie est là.

Avec Mad Monk, on reste dans cette teinte retro, l’orgue est pianotée, le chant est plus rocailleux, il change en effet de timbre pour se mêler à une atmosphère sombre en intro, avant de reprendre avec un timbre plus sensuel. On a droit à un rythme dynamique avant de se heurter à la sixième chanson: Monotype.
On recommence alors doucement, NOBODY aime bien le style de The Doors et on ressent une même recette pour le plan de chaque morceau, qui varie à peine selon les émotions qu’il veut communiquer. On remarque qu’il y a systématiquement le petit solo à la fin.

On continue avec Panic Attack et il attaque fort en voix acapella, dénudée, ce qui est un risque certain quand on n’est pas un virtuose. L’orgue s’amuse dans les sons graves. Il relance le style de crooner d’un vieux bar de western.
La fin est rythmée. Batterie à gogo sur du gros tom. Avant de se ralentir sur la
huitième chanson, Snake Queen. C’est lent, cela aurait pu ressembler à un slow, mais il y a ces roulements de caisses claires qui nous en arrachent.

La dernière, Overstimulated, se finit sur quelques accords trop basiques,
une ambiance feutrée, une orgue ennuyante, triste, soupoudrée de quelques notes de guitare.
Dans l’ensemble, l’album est mou, aucune prise de risque, le tout dans un certain style désuet qui reste du métal car la sonorité est très américaine.
Tuomas Kauppinen, c’est the Lonesome Cowboy. Les paroles, quoique acides par moment, restent
basiques, des riffs monotones à la limite de l’emprunté. Son album
frôle la parodie. Néanmoins, il s’agit d’une belle histoire de personnes, des tranches de
vie dans une aventure rockable au pays du Vineland.